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Les fonds socialement responsables


Comment placer autrement
La crise a mis en exergue les nombreux excès de la sphère financière et leurs conséquences néfastes sur le fonctionnement de l´économie. Le malaise lié aux « subprimes », à la faillite de Lehman Brothers et aux différentes manipulations boursières a fait naître un plus grand besoin de transparence et d´éthique. Pour preuve, une forme de placement, appelée « investissement socialement responsable » (ISR), s´est développée.
Une analyse environnementale, sociale et de gouvernance
Aujourd´hui, l´ISR représente près de 3 % de la gestion d´actifs en France, soit environ 68 milliards d´euros, selon l´Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse). Malgré son développement, estimé à près de 35 % en 2010, et l´intérêt que ce type d´investissement suscite, il n´existe toujours pas de référentiel standardisé permettant de définir précisément ce qu´est un fonds socialement responsable. Toutefois, d´une manière plus générale, ces fonds doivent, pour bénéficier de cette appellation, prendre en compte trois critères, plus connus sous le sigle ESG, pour sélectionner les actifs qui les composent : l´environnement, le social et la gouvernance.
Le premier critère concerne l´environnement et vise en particulier les impacts (directs ou indirects) que peuvent avoir les activités d´une société dans ce domaine et les efforts qu´elle déploie pour les limiter. On tiendra ainsi compte du mode de gestion des ressources naturelles, des émissions de gaz à effet de serre et des actions de recyclage réalisées par l´entreprise.
Le second, lié au domaine social, a pour objet d´évaluer le comportement d´une entreprise vis-à-vis des règles en vigueur en matière de droit du travail et de droits de l´homme. Cette évaluation permet d´identifier les entreprises vertueuses ou au contraire celles qui ont recours au travail des enfants ou à la corruption.
Enfin, le dernier critère concerne le mode de gouvernance et porte sur la manière dont l´entreprise est dirigée et contrôlée. Le respect des droits des actionnaires ou l´indépendance du conseil d´administration sont autant de critères favorisant l´éligibilité d´une entreprise à un fonds socialement responsable.
L´émergence d´une analyse extra-financière
Le gérant d´un fonds ISR ne peut pas se contenter d´opérer une simple analyse des résultats comptables et financiers de l´entreprise dans laquelle il souhaite investir. Il doit également réaliser une étude dite « extra-financière » de cette société. Analyse qui lui permettra de vérifier qu´elle remplit correctement les critères ESG et offre alors à ses investisseurs des garanties éthiques et aussi une plus grande sécurité.
Un des avantages qu´offrent les ISR réside ainsi dans le fait qu´ils ne peuvent compter parmi les valeurs qui les composent des entreprises présentes dans un secteur « à risques ». On peut donc légitimement penser qu´à travers un fonds ISR, un investisseur n´aurait pas eu à subir la chute de l´action d´entreprises comme BP ou Tepco, dans la mesure où ces dernières n´auraient pas été retenues en raison du caractère potentiellement risqué de leurs activités.
Par ailleurs, le fait qu´un investissement soit socialement responsable ne signifie pas qu´il offre une rentabilité moindre. Les performances des fonds ISR sont, en effet, le plus souvent comparables à celles des fonds « classiques ».
Les différentes approches utilisées pour sélectionner les valeurs
Bien que les principes énoncés dans les critères ESG soient clairs, leur mise en application n´est pas toujours simple. Pour autant, de nombreuses sociétés de gestion n´hésitent pas à se lancer dans la constitution de fonds socialement responsables. Des fonds ISR qu´elles vont composer selon différentes approches. Parmi elles, deux sont particulièrement utilisées :
- la première, dite des « best in class », consiste à choisir les entreprises qui ont obtenu les meilleures notes des agences de notation extra-financières dans chaque catégorie ou secteur d´activité ;
- la seconde approche, dite « d´évitement » conduit, quant à elle, à exclure les sociétés dès lors qu´elles appartiennent à un secteur d´activité controversé (chimie lourde, armement, alcool´) ou que leurs pratiques sont jugées non responsables (tests sur les animaux, travail des enfants´).
Les sociétés respectant ce « cahier des charges » seront alors « sélectionnables » par le gérant pour éventuellement intégrer le fonds lorsque les conditions de marché et les résultats de l´entreprise lui paraîtront favorables.
Sous réserve que le fonds ait respecté les exigences du code de transparence établi par le Forum pour l´investissement responsable (FIR) en matière d´accessibilité à l´information, il pourra bénéficier de la dénomination ISR. Dès lors, les parts de ces fonds pourront notamment être détenues au travers d´un contrat d´assurance-vie, d´un plan d´épargne en actions ou d´un compte-titres.
Les agences de notation extra-financière
Bien que les sociétés de gestion disposent de leurs propres équipes d´analystes, elles n´hésitent pas à faire appel à des agences de notation extra-financière pour compléter leurs bases d´informations. Ces dernières sont chargées, d´une part, de collecter des informations sur les entreprises en se basant, notamment, sur des rapports des ONG, et, d´autre part, d´évaluer l´entreprise en lui attribuant une note dans les différents domaines relatifs aux critères ESG.
Les labels ISR
Les fonds ISR sont également soumis à un contrôle de la part d´organismes indépendants. Ainsi, Novethic et le CIES ont chacun mis en place leur propre label afin d´identifier les fonds qui répondent à une vraie démarche ISR.